Cinéma et Bande Dessinée, deux arts, le 7ème et le 9ème ont en commun le langage de l’image et une naissance dans des époques proches. Des adaptations de bandes dessinées ont eu lieu dès les premières années du cinéma, même à l’époque des films muets. C’est ainsi que les spectateurs américains ont pu retrouver sur grand écran des films adaptés de comic strips (bandes dessinées américaines) populaires.

Toutefois, une bande dessinée n’est pas le story-board d’un film, car si ces deux médias utilisent un même langage, leur grammaire est différente. Le cinéma apporte à la bande dessinée le son et le mouvement, il doit rester en harmonie avec l’univers graphique initial et les personnages.

Le rapport au temps de narration change lui aussi. Alors que le lecteur est roi et lit à son rythme, s’attardant parfois sur une planche, ou revenant en arrière à l’envi, le réalisateur lui impose sa loi par le tempo du montage qu’il choisit.

Cette exposition évoque trois grandes traditions du récit en images : la BD européenne singulièrement franco-Belge, les comics américains et les mangas japonais et leurs adaptations sur grand écran.

La bande dessinée au cinéma

Les industries de la bande dessinée et du cinéma sont nées en même et ce sont les américains qui innovent très tôt en adaptant sur grand écran des « comic strips » telles que BRINGING UP FATHER (la Famille Illico) en 1915 ou LITTLE ORPHAN ANNIE en 1932. C’est ainsi que plusieurs comics de super-héros comme FLASH GORDON (1936), BATMAN (1943), ou encore SUPERMAN (1948) furent adaptés quelques années seulement après leurs naissances sur papier.

En Europe, le premier film mettant en scène TINTIN, LE CRABE AUX PINCES D’OR, fut réalisé en 1947 avec des poupées de chiffon. En parallèle, le dessin animé, forme la plus évidente pour adapter une BD au cinéma, se développe. Le premier long métrage des Schtroumpfs fut projeté en 1965 (LES AVENTURES DES SCHTROUMPFS).

Aux États-Unis, au début des années 1980, de véritables films adaptés de bandes dessinées ont vu le jour, revisitant les classiques du comic-strip : POPEYE par Robert ALTMAN, ANNIE par John HUSTON, FLASH GORDON, DICK TRACY, SUPERMAN par Richard LESTER, etc. Une nouvelle voie est ouverte par Tim BURTON qui filme BATMAN comme un conte sombre et dramatique. Enfin on prend un super-héros au sérieux. Grâce aux effets spéciaux numériques, les années 1990 verront la création d’une grande quantité de films inspirés par les comic-books : SPIDER-MAN par Sam RAIMI, les X-MEN, DAREDEVIL, CATWOMANTHE CROW, etc).

Les héros de bandes dessinées francophones tels que ASTERIXSUR LA PISTE DU MARSUPILAMIBOULE ET BILL, LARGO WINCH, et plus récemment LES PROFS, bénéficient de moyens équivalents.

Le pays du soleil levant, très prolixe en mangas, n’a pas non plus échappé aux adaptations sur grand écran comme NAUSICAÄ DE LA VALLEE DU VENT (1984). Dans les adaptations plus récentes, retenons celle de CRYING FREEMAN par Christophe GANS (1995).

Avec l’adaptation de roman graphiques comme FROM HELL ou SIN CITY, et l’adaptation d’une certaine BD d’auteurs avec QUAI D’ORSAY par Bertrand TAVERNIER ou LA VIE D’ADELE par Abdellatif KECHICHE tiré de « LE BLEU EST UNE COULEUR CHAUDE » de Julie MAROH, le genre semble avoir de beaux jours devant lui.